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Message pour Pâques, le dimanche 12 avril 2020

3 Avril 2020 , Rédigé par Eliane Publié dans #TEXTES

Chers diocésains,

Nous allons vivre la Semaine Sainte et la grande fête de Pâques.

Cette année, en raison de l'épidémie du coronavirus, nous ne pourrons pas célébrer comme d'habitude la fête des Rameaux, le jeudi saint, le vendredi saint, le samedi saint et la solennité de Pâques. Nous sommes obligés de rester confinés dans nos maisons. Notre foi en Jésus mort et ressuscité doit cependant se manifester de manière vivante et joyeuse.

Cette épidémie suscite en moi trois réflexions :

- La première concerne la notion d'effondrement dont les médias nous parlent souvent. Effondrement dû aux changements climatiques, à la pollution, aux effets désastreux de l'activité humaine sur les êtres vivants... La crise sanitaire conduit aujourd'hui à une décroissance. L'économie mondiale est à l'arrêt. Les agriculteurs, chez nous, ont besoin de main d'oeuvre pour récolter fruits et légumes. Et surtout, ils sont dans l'impossibilité parfois de vendre leur produits. Un effondrement d'un autre type est-il en train de s'amorcer ? Quelles seront les conséquences sur les plus pauvres et les plus vulnérables ?

Chers diocésains, je pense à ceux qui vont perdre leur emploi, à ceux qui souffrent physiquement et moralement, à ceux qui voient mourir autour d'eux des êtres chers, avec parfois l'impossibilité de les accompagner dans leurs derniers instants. Je tiens à redire à tous combien je compatis à leur peine. Vous pouvez compter sur ma prière !

- Je voudrais rendre hommage ensuite à tous ceux qui se dévouent pour soigner ceux qui sont malades. Les médecins, les infirmières, le personnel des EHPAD, les pompiers, les forces de l'ordre font mon admiration. Que de générosité ! Ils se dépensent sans compter, parfois au risque de leur vie. Ils donnent, dans notre société, un beau témoignage d'humanité vraie et simple. Qu'ils soient infiniment remerciés ! Dans la conversation de tous les jours, mais aussi à travers les messages d'amitié que nous recevons, une parole revient comme un refrain : "Prenez soin de vous !". C'est la grande leçon à retenir de cette épidémie. Nous devons prendre soin des uns et des autres, dans les épreuves comme dans le moments de tranquillité et de paix. Si seulement nous pouvions développer davantage, en ce moment mais aussi après cette épidémie, des attitudes de compassion, de consolation, d'entraide et de solidarité !

- Enfin, la fête de Pâques nous plonge de manière inédite dans la réalité de la mort et de la vie. Nous avons les uns et les autres à vivre des passages. Ceux que le Christ nous invite à vivre : le passage de la désespérance à l'espérance, de la peur à la confiance, de l'isolement à la communion, de la tristesse à la joie. Non ! Notre existence personnelle et collective ne conduit pas au chaos. Oui ! Les petits gestes du quotidien sont signes que la vie a déjà remporté la victoire sur la mort : attention aux autres, courtoisie, salut cordial, respect, parole amicale, partage fraternel, deux pas faits ensemble, un message de tendresse... La fête de Pâques nous invite à suivre le Christ Ressuscité !

Que cette année plus encore que les années précédentes, la fête de Pâques soit belle et joyeuse au sein de vos familles et de vos communautés !

+ Hubert HERBRETEAU, Evêque d'Agen

 

 

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MEDITATION POUR LE DIMANCHE DES RAMEAUX

3 Avril 2020 , Rédigé par Eliane Publié dans #PRIERE

Jésus est le Béni de Dieu 

Méditation pour le dimanche des Rameaux

Le drame de la passion de Jésus ne commence pas avec son entrée à Jérusalem le jour des Rameaux.

Les évangiles nous racontent que, dès le début de sa prédication, les accusations ont été nombreuses. Pourquoi Jésus est-il mort ? On reproche à Jésus de fréquenter les malades et les pécheurs, de transgresser les lois, celle du repos du sabbat, celle du pur et de l'impur (il était interdit par exemple de toucher les lépreux). On n'admet pas qu'il fréquente les étrangers (la Samaritaine). On l'accuse de glouton et d'ivrogne parce qu'il mange avec les pécheurs. Surtout, de quel droit pardonne-t-il les péchés ? Dieu seul peut pardonner. On ne reconnaît pas en lui le Messie attendu. On espérait qu'un libérateur viendrait délivrer le peuple de l'occupant romain. Pour couronner le tout, ce Jésus se prétend Fils de Dieu. La liste des accusations est donc longue. Et les foules qui accouraient vers lui sont devenues changeantes. Après l'émerveillement, l'admiration apparaissent le rejet, l'exclusion, la violence. Cet homme Jésus mérite la mort ! C'est un malfaiteur. Il doit mourir sur une croix. Autour de Jésus, c'est une véritable ambiance de procès qui s'est mise en place peu à peu. Très vite Jésus va devenir le maudit de tous. On cherche à le piéger, à le prendre en défaut. On le poursuit, on le traque, on cherche à lui faire du mal. Jésus dit même à ceux qui veulent lui jeter des pierres : "J'ai multiplié sous vos yeux les oeuvres bonnes de la part du Père. Pourquoi voulez-vous me lapider ?"(Jn, 10, 31-32). Jésus est devenu le maudit de tous que l'on cherche à arrêter, le prophète que l'on veut assassiner. Alors qu'il est passé en faisant le bien, en guérissant les malades, en redonnant espoir aux gens. Les raisons de la mise à mort de Jésus sont objectivement connues. On pourrait les trouver en parcourant les quatre évangiles. Pour nos péchés ! Mais n'oublions pas la cause principale. Jésus a subi la Passion et a été mis à mort "pour nos péchés". Pour nos péchés. Avez-vous mesuré la portée d'une telle affirmation ? L'amour infini de Dieu pour l'humanité tout entière va jusqu'à s'engager pour nous sauver de la mort et du péché. Comme le dit Saint Paul aux Philippiens (deuxième  lecture du dimanche de la Passion) : "Il se dépouille lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix " (Ph 2, 7-8). Comprenons cela : celui qui était considéré comme le maudit des hommes a eu la faveur de Dieu. Il est le Béni de Dieu, le Fils bien-aimé qui offre sa vie au Père et qui se livre pour notre salut. Au début de cette Semaine Sainte, comprenons bien que la réconciliation avec Dieu est acquise dans la mort et la Résurrection du Christ. Jésus est mort pour des raisons historiques que nous décrivent les quatre évangiles. Mais la raison principale est celle-ci : il est mort pour le salut du monde.

Quelques pistes pour notre prière :

* Nous commençons aujourd'hui la grande Semaine Sainte. Je vous invite à lire et à méditer aujourd'hui le récit de la Passion de Jésus dans l'évangile de Matthieu. Que cette lecture soit l'occasion de vous rappeler, pour en vivre pleinement, ce qu'était la foi des premiers chrétiens et celle qui est la nôtre aujourd'hui :

- Jésus de Nazareth est passé sur notre terre en faisant le bien.

- Il a été condamné et mis à mort sur une croix comme un malfaiteur. Il est devenu le maudit des hommes. 

- Mais Dieu lui a donné raison. Le maudit des hommes est le béni de Dieu. Il est ressuscité et vivant.

- Tout cela par amour pour nous, pour le pardon des péchés, pour notre salut.*

Un commentaire du pape Benoît XVI pour soutenir notre méditation : "Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le royaume qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le royaume qui vient de notre père David ! Hosanna au plus haut des cieux !" (Mc 11, 9s; cf. Ps 118, 25s). Cette acclamation est rapportée par les quatre évangélistes, même si c'est avec leurs variantes spécifiques. (...) La liturgie chrétienne a accueilli cette salutation en l'interprétant selon la foi pascale de l'Eglise. (...). Probablement déjà au temps de Jésus, la parole avait aussi acquis une signification messianique. Dans l'exclamation "Hosanna" nous pouvons aussi reconnaître une expression des multiples sentiments aussi bien des pèlerins venus avec Jésus que de ses disciples : une joyeuse louange à Dieu au moment de cette entrée : l'espérance qu'arrive l'heure du Messie et en même temps la demande que se réalise de nouveau le règne de David et avec lui le règne de Dieu sur Israël" (Joseph Ratzinger, Jésus de Nazareth, éditions du Rocher, p. 20). 

- On peut écouter aussi La Passion selon Saint Matthieu - Jean-Sébastien Bach.

+Hubert HERBRETEAU, Evêque d'Agen

 

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Prière pour temps d'épidémie

3 Avril 2020 , Rédigé par Eliane Publié dans #PRIERE

Prière pour temps d'épidémie

"Seigneur notre Dieu et Père miséricordieux, tu regardes favorablement ceux et celles qui reviennent vers toi en ce temps d'épreuve collective.

Dans notre confinement, nous ne sommes pas seuls. Tu n'abandonnes pas tes amis. Nous te louons pour ta sollicitude envers chacun de nous.

Aide-nous à vivre paisiblement dans un espace restreint mais pourtant en communion avec le monde qui nous entoure. L'épidémie touche la planète entière. Des personnes souffrent et meurent proches ou très éloignées de nous.

Seigneur Dieu, Père compatissant, soutiens les soignants, infirmières et médecins, et tous ceux et celles qui oeuvrent pour faire reculer le mal. Que la solidarité, l'entraide, la fraternité et le courage soient les vertus à développer au quotidien !

Seigneur Dieu, dont l'amour est infini, cette épidémie est "un signe des temps". Elle nous oblige à repenser nos modes de vie, nos relations, notre rapport à la nature... Sur le chemin du Carême, en marche vers Pâques, que nos coeurs se tournent davantage vers toi.

Que nous ne cessions jamais de chanter les merveilles que tu accomplis en faveur de chacun !

Exauce nos prières ! Nous te le demandons par Jésus le Christ ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen !"

Agen, le 24 mars 2020

+ Hubert HERBRETEAU, Evêque d'Agen

 

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